Rêverie
C. Unger
Sous un dôme d'arbres verts,
sur un tapis de mousse,
bie à l'ombre au frais, et seul,
que la paresse et douce;
sur le dos couché, je vais
des yeux sonder l'espace
et l'esprit s'envole et suit,
tout en révant, sa trace.
Sur ma tête près de moi
le rossignol qui chante
me réveille tout à coup
avec sa voix charmante;
et tandis qu_il chante au loin,
tous les oiseaux se taisent,
et je vois l'ormeau trembler
et s'agiter tout aise.
Et j'entends frémir les blés
et murmurer chaque herbe,
et souffler, jouer le vent
en caressant les gerbes:
Il m'apporte un doux parfum
de nos forêts, sauvages,
et le ciel rayonne et tout
dans la lumière nage.
Que le ciel est beau, mon Dieu,
que la nature est belle!
Sur son sein je veux rester
comme un amant fidèle.
Berce moi, fais moi dormir
quelque céleste somme,
et fais moi réver le ciel
en oubliant les hommes.