Celuy qui fit le monde façonné

G. Boni

Celuy qui fit le monde façonné

Sur le compas de son parfait exemple,

Le couronnant des voustes de son temple,

M'a, par destin, ton esclave ordonné.

Comme l'esprit qui saintement est né

Pour voir son Dieu, quand sa face il contemple,

De tous ses maux un salaire plus ample

Que de le veoir ne luy est point donné;

Ainsi je pers ma peine coustumiere,

Quand à longs traits j'œillade la lumiere

De ton bel œil, chef-d'œuvre nompareil.

Voylà pourquoy, quelque part qu'il sejourne,

Tousjours vers luy maugré-moy je me tourne,

Comme un soucy aux rayons du soleil.