Quand au matin ma déesse s'habille

G. Boni

Quand au matin ma Déesse s'habille,

D'un riche or crespe ombrageant ses talons,

Et que les rets de ses beaux cheveux blons

En cent façons en-onde et entortille:

Je l'accompare à l'escumiere fille

Qui or'pignant les siens jaunement lons,

Or' les frizant en mille crespillons,

Nageoit à bord dedans une coquille.

De femme humaine encore ne sont pas

Son ris, son front, ses gestes, ne ses pas,

Ne de ses yeux l'une et l'autre estincelle.

Rocs, eaux, ne bois, ne logent point en eux

Nymphe qui ait si follastres cheveux,

Ny l'oeil si beau, ny la bouche si belle.