Puisse avenir qu'une fois
G. Boni
Puisse advenir qu'une fois je me vange
De ce penser qui devore mon cueur,
Et qui tousjours comme un lion veinqueur
Le tient l'estrangle et sans pitié le mange!
Avec le temps le temps mesme se change:
Mais ce cruel qui suçe ma vigueur,
Opiniastre au cours de sa rigueur,
En autre lieu qu'en mon coeur ne se range.
Il est bien vray qu'il contraint un petit
Durant le jour son secret appetit,
Et sur mon cœur ses griffes il n'allonge;
Mais quand la nuit tient le jour enfermé,
Il sort en queste et lion affamé,
De mille dents toute nuict il me ronge.