Mon fol penser pour s'envoler plus haut
G. Boni
Mon fol penser, pour s'en-voler plus haut
Après le bien que hautain je desire,
S'est emplumé d'ailes jointes de cire,
Propres à fondre aux rais du premier chaud.
Luy fait oiseau, dispost, de saut en saut
Poursuit en vain l'object de son martyre,
Et toy, qui peux et luy dois contredire,
Tu le vois bien, Raison, et ne t'en chaut.
Sous la clarté d'une estoille si belle
Cesse, Penser, de hazarder ton aile,
Ains que te voir en bruslant desplumer:
Car, pour esteindre une ardeur si cuisante,
L'eau de mes yeux ne seroit suffisante,
Ny suffisans tous les flots de la mer.