Contre le ciel mon cœur estoit rebelle
G. Boni
Contre le Ciel mon cœur estoit rebelle,
Quand le Destin, que forcer je ne puis,
Me fit revoir la dame à qui je suis,
Ains que vestir ceste escorce nouvelle.
Un chaud adonc de moëlle en moëlle,
De nerfs en nerfs, de conduits en conduits
Brusla mon cœur, dont j'ay vescu depuis
Ore en plaisir, ore en peine cruelle.
Si qu'en voyant ses beautez, et combien
Elle est divine, il me ressouvint bien
L'avoir jadis en Paradis laissée:
Car dés le jour que j'en re-fu blessé,
Soit près ou loin, je n'ay jamais cessé
De l'adorer de fait ou de pensée.