Je me nourris d'une telle ambrosie

G. Boni

Je me nourris d'une telle Ambrosie,

Que je ne suis à bon droit envieux

A cette là dont le Pere des Dieux

Cher l'Ocean an sa bouche ressesie.

Celle qui tient ma liberté saisie,

Voire mon coeur ès prisons de ses yeux,

Soule ma faim d'un fruit si precieux,

Qu'autre apareil ne paist ma fantaisie.

De l'avaller je ne puis me lasser,

Tant le plaisir d'un variant penser

Mon appetit nuict et jour fait renaistre.

Et si ne fiel n'amoderoit un peu

Le doux du miel dont je me voy repeu,

Entre les Dieux, Dieu je ne voudrois estre.