Le plus touffu d'un solitaire bois

G. Boni

Le plus toffu d'un solitaire bois,

Le plus aigu d'une roche sauvage,

Le plus desert d'un separé rivage,

Et la frayeur des antres les plus cois,

[Soulagent tant mes soupirs et ma vois

Qu'au seul escart d'un plus secret ombrage]

Je sens guarir ceste amoureuse rage,

Qui me r'afole au plus verd de mes mois.

Là renversé dessus la terre dure,

Hors de mon sein je tire une peinture,

De tous mes maux le seul allegement:

Dont les beautez par Denisot encloses,

Me font sentir mille metamorfoses

Tout en un coup d'un regard seulement.