Ce ne sont qu'ains

A. Bertrand

Ce ne sont qu'haims, qu'amorces et qu'appas

De son bel œil qui m'alléche en sa nasse,

Soit qu'elle rie, ou soit qu'elle compasse

Au son du luth le nombre de ses pas.

Une minuit tant de flambeaux n'a pas,

Ny tant de sable en Euripe ne passe,

Que de beautez embellissent sa grace,

Pour qui j'endure un millier de trespas.

Mais le tourment qui moissonne ma vie

Est si plaisant que je n'ay point envie

De m'esloigner de sa douce langueur.

Ains face Amour que mort encore j'aye

L'aigre douceur de l amoureuse playe

Que vif je porte au plus beau de mon cœur.