Tes yeux divins

A. Bertrand

Tes yeux divins me promettent le don

Qui d'un espoir me renflamme et renglace.

Las! mais j'ay peur qu'ils tiennent de la race

De ton ayeul le roy Laomedon.

Au flamboyer de leur double brandon

De peu à peu l'esperance m'embrasse,

Ja prevoyant par l'accueil de leur grace,

Que mon service aura quelque guerdon.

Tant seulement ta bouche m'espouvante,

Bouche vrayment qui, prophete, me chante

Tout le rebours de tes yeux amoureux.

Ainsi je vis, ainsi je meurs en doute;

L'un me rappelle et l'autre me reboute,

D'un seul objet heureux et mal-heureux.