Œil qui mes pleurs de tes rayons essuye
A. Bertrand
Oeil, qui mes pleurs de tes rayons essuye',
Sourci, mais ciel des autres le greigneur,
Front estoylé, Trophée à mon Seigneur,
Qui dans ton jour ses despouilles étuye:
Gorge de marbre, où la beaulté s'appuye,
Col Albastrin emperlé de bonheur,
Tetin d'ivoyre où se niche l'honneur,
Sein dont l'espoyr mes travaulx desennuye:
Vous avez tant appasté mon desir,
Que pour souler la faim de son plaisir,
Et nuict et jour il fault qu'il vous revoye.
Comme un oyseau, qui ne peult sejourner,
Sans revoler, tourner, et retourner,
Aux bordz congneuz pour y trouver sa proye.