Ce ris plus doulx que l'oeuvre d'une abeille
A. Bertrand
Ce ris plus doulx que l'oeuvre d'une abeille,
Ces doubles liz doublement argentez,
Ces diamantz à double ranc plantez
Dans le coral de sa bouche vermeille,
Ce doulx parler qui les mourantz esveille,
Ce chant qui tient mes soucis enchantez,
Et ces deux cieulx sur deux astres antez,
De ma Deesse annoncent la merveille.
Du beau jardin de son printemps riant,
Sort un parfum, qui mesme l'orient
Embasmeroit de ses doulces aleines.
Et de là sort le charme d'une voix,
Qui touts raviz fait sauteler les boys,
Planer les montz, et montaigner les plaines.