Las ! Pleust à Dieu n'avoir jamais tasté
A. Bertrand
Las! Pleust à Dieu n'avoir jamais tasté
Si follement le tetin de m'amie!
Sans ce malheur, l'autre plus grande envie
Jamais, helas! ne m'eust le coeur tenté
Comme un poisson, pour s'estre trop hasté
Par un appast, suit la fin de sa vie,
Ainsi je vais où la mort me convie,
D'un beau tetin doucement apasté.
Qui eust pensé que le cruel destin
Eust enfermé sous un si beau tetin
Un si grand feu, pour m'en faire la proye?
Avisez donc quel seroit le coucher
Entre ses bras, puis qu'un simple toucher
De mille morts innocent me foudroye!