Je parangonne à ta jeune beauté

A. Bertrand

Je parangonne à ta jeune beauté.

Qui toujours dure en son printemps nouvelle.

Ce mois d'avril qui ses fleurs renouvelle,

En sa plus gaie et verte nouveauté.

Loin devant toi fuira la cruauté:

Devant lui fuit la saison plus cruelle.

Il est tout beau, ta face est toute belle:

Ferme est son cours, ferme est ta loyauté:

Il peint les bords, les forêts et les plaines,

Tu peins mes vers d'un [bel émail de fleurs:

Des laboureurs il arrose les peines],

[D'un vain espoir tu laves mes douleurs:

Du ciel sur l'herbe il fait tomber les pleurs],

Tu fais sortir de mes yeux deux fontaines.