Je l'aimois d'un amour si tendre
F. Kunzen
Je l'aimois d'un amour si tendre
Celle qui cause mes tourmens
Elle a condemné sans l'entendre
Le plus fidelle des Amans.
Ah si je voyois l'inhumaine
Je lui montrerois tant d'ardeur
Qu'elle regretteroit mon cœur
Et se reprocheroit ma peine.
Loin de sa présence chérie,
Je ne vis que par mon amour;
Ma raison, mon ame, ma vie,
Tout est aux lieux de son séjour.
On parle une langue étrangère,
Si l'on n'en parle à tout moment;
Un étranger, en la nommant,
Tout aussi-tôt deviant mon frère.
Sans espoir que ma voix l'attire,
Ma voix l'appelle à tout moment;
Je regarde, et mon cœur soupire
D'avoir appelé vainement.
Son nom, dans ce réduit sauvage,
Est gravé sur tous les ormeaux;
Il va crôitre avec leurs rameaux;
Mon amour crôitra advantage.